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JEU D’APESANTEUR
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Nombre de pages : 14 Parution : juin 2019
       En matière d’ufologie, le sociologue n’est pas là pour dire si ce que rapportent les témoins est vrai ou faux, son rôle consiste plutôt à étudier la façon dont se comportent les humains vivant une expérience de rencontre avec un être non humain, avec à un objet non identifié, voire avec des corps non identifiés ; sur ce dernier point, le cas de l’affaire Nazca est sociologiquement intéressante. Pourquoi ? Nous voici, nous, humains, confrontés à d’étranges corps extraits d’un vague endroit du désert péruvien, corps que l’on dirait échappés du vaisseau de « Rencontre du IIIe type »... A quelques doigts près ! Tandis que quelques-uns d’entre nous les envisagent possiblement intra ou extraterrestres,  d’autres parlent de supercherie, le reste de la planète restant dans l’ignorance totale de la découverte. Les contrastes sont flagrants, c’est donc entre ignorance et chamailleries incessantes que l’affaire Nazca évolue. À ce jour, nul ne détient la vérité absolue sur l’origine de ces corps tridactyles du Pérou, toutefois, alors que le sujet fait polémique, plusieurs dizaines de scientifiques et laboratoires continuent leur travail d’investigation armés de technologies médicales high-tech pour percer le mystère de ces corps. Chacun  peut s’informer des premiers résultats que je trouve, à titre personnel,  troublants et probants, mais ce n’est pas de cela dont parle cet article. En tant que personne, j’ai comme tout un chacun envie de connaître l’ultime vérité concernant cette affaire des momies tridactyles du Pérou, par contre, en tant que sociologue il m’est parfaitement égal qu’il s’agisse d’une découverte exceptionnelle pour l’humanité ou bien d’un simple « fake », puisque seuls m’intéressent nos comportements de groupe dans le contexte en question. Je n’hésite pas à dire que l’affaire est sociologiquement* passionnante et que la façon dont notre espèce l’a gérée jusqu’à présent reste très significative de ce que nous sommes, également de ce que nous ne savons pas être à ce jour. Laissez-moi m’expliquer de cela en quelques feuillets, de la façon la plus simple et la plus concrète possible. J’ai choisis pour illustrer mon propos cette affaire tridactyle pour une raison simple :  j’ai suivi de près son évolution qui est, rappelons-le, non close, puisque les analyses sur les corps continuent sous la responsabilité de scientifiques pluridisciplinaires et de laboratoires internationaux. Un exemple rend toujours la lecture plus facile, car cela apporte de la pesanteur et de la matérialité à l’idée, néanmoins retenez que le raisonnement tripartite  qui est le mien dans cet article pourrait s’appliquer à d’autres situations ufologiques non péruvienne. [*la sociologie n’étudie que les comportements collectifs, ne pas la confondre avec la psychologie qui est le domaine de la psyché individuelle ] Ce que j’expose dans cet article a fait l’objet d’une conférence à Laon en mai 2019. Je tente ici de résumer par écrit ce qui fut dit à cette occasion et qui partait de l’hypothèse suivante : la compréhension que l’on a de cette affaire  ainsi que l’idée même que chacun se fait du « vrai » et du faux », dépendent de la focale que l’on privilégie (consciemment ou inconsciemment), c’est-à-dire de l’angle de vision  adopté. Ces angles de vision sont déterminés par des jeux d’apesanteurs, allant du moins au plus. Commençons par un jeu de rôle... IMAGINEZ QUE VOUS ÊTES À LA FOIS UN SPATIONAUTE ET UN OBSERVATEUR SOCIAL... Puis suivez-moi dans un petit  jeu d’apesanteur. Votre mission consiste, NON A JUGER DE LA VERITE DE L’AFFAIRE EN QUESTION, MAIS A OBSERVER LES COMPORTEMENTS HUMAINS ET INSTITUTIONNELS face à cette découverte des corps tridactyles. Nous allons procéder à l’observation de ce cas à partir de trois angles de vision. À chacun de ces stades, le spationaute qui vous habite va observer notre comportement collectif.